Des moments dans une vie qui ont le goût silencieux d’un miracle.
Clairemonde.
Tenir ce livre, mon livre, entre mes doigts est une émotion difficile à expliquer. Le papier a une texture simple, presque ordinaire, et pourtant il porte un monde entier. Des heures de pensée, des nuits d’écriture, des phrases arrachées au silence, des images venues du cœur.
Je regarde la couverture comme on regarde un visage aimé.
Je tourne les pages avec une délicatesse presque sacrée.
Car dans ce livre il n’y a pas seulement une histoire.
Il y a des fragments de moi.
Il y a Genève qui respire entre les lignes, les rues, les lumières, les silences.
Il y a Clairemonde qui marche, qui vit, qui fume ses Marlboro rouges, qui monte Calypso au manège de Versoix, qui traverse ses propres mystères avec cette présence presque irréelle.
Et moi, je suis là, tenant ce livre comme on tient un rêve devenu matière.
Il y a une joie profonde dans ce geste simple. Une joie calme, presque intime. Celle de voir quelque chose qui était invisible prendre forme dans le monde. Comme si les mots, longtemps enfermés dans la tête et dans le cœur, avaient enfin trouvé leur maison.
Je pense au chemin parcouru.
Aux doutes.
Aux pages écrites, effacées, réécrites.
Et soudain tout cela existe.
Pas seulement dans l’esprit.
Mais là, dans mes mains.
Tenir Clairemonde, c’est tenir un morceau de temps, un morceau de vie, un morceau d’âme.
Réjane Lacoste
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