Pourquoi Pollen revient à la diffusion
Dix ans après une première tentative restée sans suite, Pollen annonce le redémarrage d’une activité de diffusion à partir du 1er mai. Le projet s’appuie sur une équipe commerciale de six représentants, un catalogue limité à 60 à 80 éditeurs, et une volonté affichée de se concentrer sur ses rayons forts, avec un centre de gravité qui se déplace vers la librairie indépendante. En filigrane : l’idée qu’il faut adapter l’outil commercial à un marché qui se contracte, plutôt que de courir après des volumes impossibles à retrouver.
Pour Benoît Vaillant, directeur de Pollen, la relance de la diffusion ne relève ni de la nostalgie ni d’un simple retour à une activité mise entre parenthèses. Elle s’inscrit dans un parcours personnel autant que dans l’évolution de l’entreprise. « Nous n’avions pas fait de diffusion depuis une dizaine d’années. J’ai eu 50 ans, et, à ce moment-là, être chef des ventes n’était pas forcément mon rêve de vie », nous confie-t-il.
Mais Pollen, dit-il, n’est plus la même structure qu’il y a dix ans. « On a énormément grandi. On a quasiment triplé de taille, on frôlait les 10 millions d’euros de chiffre d’affaires net, et on a considérablement renforcé notre outil de distribution. » Autrement dit, la relance ne s’improvise pas : elle repose sur un outil logistique et financier consolidé au fil des années.
Un marché plus tendu, et la fin des illusions
Pollen revient aujourd’hui sur le terrain de la diffusion, dans un contexte changé. « Depuis un an ou deux, le marché se tend. L’euphorie post-Covid est oubliée », constate Benoît Vaillant. Dans ce cadre, estime-t-il, les éditeurs ont besoin d’un accompagnement plus structuré : « Il faut reprendre la main et proposer une nouvelle offre de diffusion. »
Le dirigeant se montre lucide : « Les belles années ne reviendront pas. Les mises en place plus conséquentes, je ne pense pas qu’elles reviennent. » Il observe une érosion progressive des lectorats et un marché plus étroit, où les titres se concurrencent davantage. La relance de la diffusion s’inscrit donc dans une logique d’adaptation : reconstruire un outil commercial ajusté à un marché plus exigeant, en assumant que…
Article : Hocine Bouhadjera